Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, LEE Harper

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Ça y est, le weekend à lire vient de s’achever et j’ai échoué. Alors que je m’étais fixée comme challenge de lire un peu plus de  1500 pages, je n’en ai eu que 900 et des brouettes. Pourquoi ? Eh bien parce que bien que ma première lecture se soit passée sans encombre, pour les deux autres, la lecture fut éprouvante. Autant ma lecture de La mécanique du cœur m’a plongée dans un monde enchantée, timburtoniesque, celle de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee m’a laissée un arrière-goût assez amer dans le bouche. Et une profonde répulsion pour la race humaine. Mais avant de vous faire part de mon sentiment, de quoi parle ce livre ?

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Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

Comme lors de ma lecture de Ca, la première partie du roman se trouve assez longue. En effet, on y rencontre Jean Louise alias Scout, son frère Jem, leur père assez âgé Atticus, Calpunia la bonne et leur ami de mésaventures, Dill. L’intrigue principale qui traite donc du racisme dans une Amérique des années 30 passe au secondaire le temps qu’on fasse connaissance avec les protagonistes principaux. On rencontre la communauté de la petite ville d’Alabama, Maycomb (qui n’existe pas mais est basée sur la jeunesse de l’auteure). Cette ville a de forts préjugés envers les noirs, ce que doivent savoir ou pas savoir les enfants et une parfaite communauté. Allant de l’avocat intègre au poivrot du village qui bat ses enfants. Lorsqu’on accuse à tort Tom Robinson, Atticus Finch se retrouve commis d’office. Alors les enfants sont raillés par leurs camarades car leur père est selon eux un ami de « nègre ». Alors que dans notre bouche, ce vocabulaire peut nous choquer, à l’époque il était monnaie courante d’appeler la population afro-américaine de la sorte. La ségrégation fut plus forte aux Etats-Unis plutôt que dans les autres pays. Pour cause que dans le Sud, le racisme était plus présent que dans le Nord où la tolérance était appliquée. Seulement, bien qu’il y ait une mince frontière entre les états, on peut voir que des dizaines, voire même des centaines d’années peuvent les séparer en terme de moralité. Il est clairement démontré que Tom Robinson n’a rien fait mais parce qu’il est d’une autre couleur, il est raillé, trainé en justice. Infirme, noir, il a tout contre lui.

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Ce qui m’a frappée dans le roman en premier lieu sera la maturité des deux protagonistes principaux. Nous suivons l’histoire au travers des yeux d’une petite fille qui a cinq ans au début et huit à la fin. Elle fait preuve d’une grande maturité mais pourtant demeure enfantine sur bien des sujets. « Pourquoi déteste-t-on Hitler ? » « Pourquoi pleures-tu, ce n’est qu’un nègre ! » La jeune fille ne peut pas comprendre que les humains sont tous égaux et comme lui apprend la maitresse dans une démocratie. Mais que la démocratie ne s’applique pas aux gens de couleur, aux gens différents. Pourquoi ce roman m-at-il touché ? Parce qu’alors que nous sommes dans un monde qu’on qualifie de moderne, on ne reste pas loin raciste. Qu’on soit français ou américain, les blancs se sentent supérieurs quant aux autres. Nous sommes supérieurs aux noirs, aux arabes et aux chinois. Combien de fois est-ce que je peux entendre des gens se moquer de femmes rêvetant le voile pour des questions religieuses ? Combien de fois m’a-t-on lancé des remarques désobligeantes parce que je compte des amis d’autres origines, confessions religieuses ou de sexualités différentes dans mon entourage ? Comme certains le savent, je me vise à devenir enseignante et je pense que cet ouvrage devrait être lu au moins en troisième ou au lycée pour que tout le monde comprenne qu’il est encore d’actualité.

Là où La mécanique du cœur m’a ravi, ce livre m’a révolté. Je sais que je lirai la suite mais je trouve ça honteux que même quatre-vingt ans après nous ayons encore la même conduite face à la différence. Classe sociale, sexualité, couleur de peau, nous sommes tous égaux. Nous avons tous les mêmes droits. Ce n’est pas parce qu’un enfant est noir qu’il sera différent de nous. Ce n’est pas parce qu’un enfant grandira entouré de deux mères qu’il ne sera pas moins aimé qu’avec deux parents qu’on juge « normaux ». De même que le débat pour l’union pour tous a fait ressortir les cadavres des placards, les attentats ont prôné le racisme. « Le suspect était d’origine… » Non, le suspect était de nationalité française ou étrangère, point. Les médias se cachent derrière leur liberté d’expression pour nous confronter au racisme. Dans des moments où la politique est mise en avant, où nos hommes politiques sont tous corrompus, se tirent tous dans les pattes, je me demande où va notre société. Une société où la ségrégation est belle et bien présente. Quoi de mieux qu’une cour d’école pour s’en rendre compte ? Quoi de mieux que des paroles d’enfant vierge de tout préjugé pour le comprendre ? Pourquoi est-ce que Scout ou Jem ne m’ont pas irrité comme ils l’ont fait vers d’autres lecteurs ? Parce que les enfants sont ainsi. On se construit nos préjugés à l’école. Je compte autant d’amis différents que d’amis racistes. Ils se cachent juste. Comme je dis souvent, je suis raciste contre les cons. Mais malheureusement, si on devait enfermer tous les cons dans les prisons, il n’y aurait pas assez de bâtisses pour tous les contenir. Je pense également que tout bon enseignant se doit de lire ce roman. Si l’on n’en ressort pas un minimum écoeuré c’est qu’on n’a aucune humanité. Je ne peux pas noter cet ouvrage car ce que je ressens, c’est une profonde révolte.

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Je compte prochainement me procurer le film aux trois oscars issu de ce roman « Du silence et des ombres. » Je pense que j’en reparlerai donc mais je vous invite à vous interroger. Car lorsque les Ewell ont condamné Tom Robinson en sachant qu’il n’avait rien fait, ils se sont rendus coupables de bien pires. On condamne des innocents à cause de leurs têtes, leurs origines, leurs classes sociales, leurs préférences sexuelles. Et je trouve ça dommage.

Je vous embrasse.

Que la force soit avec vous dans cette société discriminatoire.

Tiffanie.

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